BRIANÇON

           Au départ du Mont-Denier, nous étions nombreux. Une bonne dizaine d'énervés à vouloir profiter de cette journée qui semblait la meilleure de ce que nous avions eût jusqu'à présent. Le vent était assez fort, et le soleil généreux. Je ne sais plus vraiment dans quel ordre nous avons décollé, mais le "trou de midi" a renvoyé quelques impatients au camping. En tout cas, un peu plus tard, Jérôme était le premier au bout de la Serre du Mont-Denier bientôt rattrapé par "Alaing" bien décidé à ne pas être en reste. A peine arrivé au bout de la Serre, j’entends Jérôme annoncer sa transition sur Beynes. Je rejoins Alain et nous merdons quelque temps avant de quitter le bocal. C'est à ce moment que Jérôme prévient qu'il file sur Coupe. Le cochon a encore une bonne transition d'avance et se permet de basculer directement en évitant le Cousson ! J'arrive pas haut du tout sur Beynes et vois que quasiment tout le monde est là ! Alain au plaf, Régis me double en arrivant plus haut,Vincent, Bilou, Alex arrivent ainsi que Samir au radada. Claude annonce qu'il pose vers Estoublon. Je crois qu'il y en avait encore deux ou trois,mais ce n'est pas facile d'avoir une bonne vue d'ensemble, nous commencions à nous éparpiller. Alain partit le premier sur Coupe, mais se retrouvait coincé sur une crête intermédiaire. Au plafond avec Vincent et Alex plus quelques planeurs, je quitte enfin Beynes en ayant un cap légèrement plus Sud qu'Alain.

Tiens, mais quelle est cette belle voile pas très haute déjà en transition ? C'est Bilou qui prend une option scabreuse et posera au pied de cette crête, dans un endroit pas très clair ! L'est énervé l'Bilou avec sa nouvelle voile qui va tous nous biter ! J'arrive au niveau de la crête avec cents mètres de marge et ne voulant pas me retrouver coincé là, je décide de continuer en serrant les fesses et en cherchant un coin éventuellement posable, pas trop craignos et assez éloigné pour ne pas êtretrop sous le vent. Vincent derrière moi préfère se mettre en attente avecAlain. J'ai pu passer sans trop perdre de hauteur, ni trop se faire brasser et finalement reprendre une pompinette assez turbulente en milieu de vallée et raccrocher Coupe. Jérôme annonce qu'il quitte Couard pour le ChevalBlanc. Je suis en deuxième position et décide d'essayer de le rattraper. Je vole en suivant cette longue crête de la barre de Coupe en me faisant violence pour ne pas enrouler de varios inférieurs à 3 ou 4m/s. En me rapprochant du pic de Couard, au bout de la crête, je vois que Alain,Vincent, Régis et Alex ont réussi à passer. Tant mieux, ce serait vraiment sympa que nous arrivions tous à rejoindre Dormillouse ! A Couard,bizarrement il n¹y a rien mais j¹arrive finalement à monter presque au nuage au niveau du pic suivant et raccrocher le Cheval Blanc. Jérôme lui est auCarton, les autres galèrent sur Couard et vont sur Pompe (la mal nommée),sauf Alain que je vois au plafond après Couard. Après avoir merdouillé sur le Cheval, je pars vers le Carton pas très haut mais avec des nuages au-dessus qui tiendront leur promesse. Je ne perds quasiment rien jusqu'à la moitié du trajet. Impeccable, le Carton sera facile. Alain est arrivé trop tard, parti trop bas et se posera à la fin de la transition. Les trois autres annoncent qu'ils posent à la Javie, derrière Pompe. Dommage, il n'y a plus grand monde en vol. Un bon nuage sur le Carton me permet de rejoindre facilement Prads. Re-nuage, le plafond monte, la température descend, on se fait toujours autant bouger et je file vers l'Estrop. Ça y est ! J'ai Jérôme en visuel, j'ai pu prendre un chemin plus direct et il n'a qu'une pompe et demie d'avance.

Même en raccrochant assez bas l'Estrop, ça monte bien dans la brise devallée. C'est à cet endroit que les reliefs prennent vraiment beaucoup d'ambiance. A chaque fois j'en prends plein les mirettes. Au nuage avec deux deltas, une bonne respiration, et j'entame la transition vers la Blanche,avec toujours cette impression de coquille de noix pas trop à sa place.Rejoindre Dormillouse est assuré mais ne sera pas de tout repos. Un peu contré, deux ou trois passages un peu plus délicats, brassé dans les thermiques, l'ambiance et le froid ... Tiens, Samir annonce qu'il est posé un peu en dessous du sommet de la dernière crête avant l'Estrop !!!?? et demande s'il peut redécoller de là. Décoller de Prads, ça se fait et je le lui dis. Jérôme, que j'ai assez souvent en visuel, ne s'éloigne pas ; ça va,je ne suis pas trop dans les choux !

En fait, Samir n'était pas là du tout. Il avait quitté Coupe avant Couard et s'était retrouvé sur une petite crête avant le Cheval Blanc. Rien à voir avec Prads ! Il a pu en redécoller, faire le tour du Cheval par le Sud et se poser derrière, à La Batie. Comme quoi, on est vite paumé, seul, dans un endroit inconnu.

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