MOUSTIERS 2000 -sortie club-

(par Livier Ritz)

       Eté 1999, 2° année de parapente et déjà le désir d'autonomie, de découvrir d'autres sites et d'autres personnes.

Avant d'atterrir en Ariège (but des vacances) je programme un petit détour par Briançon, histoire de voir comment ça vole là-bas. Comme je n'ai encore pas mon matériel perso, je prends rdv avec l'école locale, le temps de boucler les valises, et c'est parti !

Découverte d'une région inconnue où le nombre de sites possibles laissent augurer de belles perspectives. Après une première nuit au gîte et quelques rêves aériens, je me retrouve à l'école. Présentations - cools les moniteurs - on charge le matériel - pas cool la camionnette, même le moteur doit tenir avec du fil de fer - mais ça démarre quand même et direction pente école. Deux gonflages nickels (merci Bol d'Air !) suffisent à les rassurer sur mon niveau.

C'est alors que rien ne va plus. Une autre école concurrente arrive sur la même pente école et s'en prend physiquement à nos moniteurs, pour utilisation abusive du site, tarifs déloyaux, etc...C'est ça le parapente ? Bizarre, question ambiance, je tombe de haut... La journée étant pourrie par ce climat hostile, on arrête là et rdv est pris le lendemain pour un ou plusieurs grands vols. Le lendemain, donc, la météo se met de la partie et la pluie incessante ne nous permet pas d'espérer une fenêtre suffisante pour voler, et aucune amélioration en vue. Les dés étaient pipés dès le départ, semble t'il, alors inutile d'insister, je reprends donc ma route plus au Sud.

Traversée de la vallée de l'Ubaye, Barcelonnette, les Demoiselles coiffées, les gorges du Verdon (splendide, mais que de touristes !) et arrivée à ... Moustiers ! Coup de fil à Verdon Passion (je garde toujours sur moi la liste de toutes les écoles FFVL) qui me rencardent sur le gîte de Venascle et là : Coup de foudre !!

Tout d'abord le décor :
Le village accroché à la falaise, les maisons les unes au dessus des autres accessibles par des ruelles qui n'en finissent plus de monter. En arrière plan un plateau immense où les cultures bien délimitées marquent la main de l'homme, et d'où par endroit, s'échappent des fumées d'une distillation bien particulière et qui s'avèrent fort utiles pour les mordus du coin... En contrebas le lac de Ste Croix qui, c'est à s'y méprendre, pourrait nous faire croire que la mer est juste derrière. Ses eaux d'une étonnante couleur émeraude, charriées par le Verdon, sont d'une bienfaisante douceur pour le regard.

Plus haut, au dessus du village, un premier plateau où la garrigue, reine des lieux, partage l'espace avec des champs de lavande d'un violet foncé, couleur étonnante et contraste saisissant avec les teintes minérales omniprésentes. Enfin, au dessus de tout, se dresse magnifiquement le Mont Denier. Certes, de ses quelques 1600m, il n'a pas de quoi rendre jaloux ses frères et sœurs plus au Nord, mais il dégage un parfum, comme un appel auquel on ne peut résister.

 

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