| Casser la binette
En ce 28 juillet, 1er jour du vol bivouac de cette année, il m'est arrivé une sale affaire dont je me souviendrai : Nous étions à Gréolières (Nord de Grasses) en ayant l'intention de remonter le plus possible vers le nord, et pourquoi pas jusqu'à St-Claude. Après une nuit à côté du décollage, sous des arbres agités par les rafales d'orages environnants, la météo ne semblait pas si mauvaise, qu'au petit matin ( 11 h) les deux Daniel étaient déjà en vol , histoire de tàter la masse d'air. Serait-i1 possible de rejoindre St-André aujourd'hui ? Le vent était fort et les nuages assez nombreux, ce n'était pas vraiment gagné. Je me prépare et découvre une suspente cassée sur la ligne des C. Un moniteur local, très sympa, qui avait déjà hébergé Laurent et Daniel la veille, me répare la suspente en y faisant un noeud. Après un prégonflage où je vois une clef se défaire en rafalant 1a voile, je décolle enfin et m'aperçois rapidement qu'i1 y a encore une clef. Pas de problème, il suffit de tirer sur la bonne suspente pour tout remettre dans l'ordre. Sauf que cette fois-ci, ça ne marche pas. J'essaye de nouveau - Rien à faire. je comprends soudain qu'en fait 1e noeud de réparation a été mal fait, 1a suspente C est prise avec un A !!! Jugeant la configuration trop malsaine, je décide de me poser près du décollage et en informe les autres. Je me rapproche du relief et c'est en levant les mains pour faire les oreilles que la voile ferme de moitié et fait un demi-tour instantané. Je me suis donc retrouvé face à la pente en un clin d'oeil, vent cul et voile à moitié fermée à 7 ou 8 mètres des cailloux. Je n'ai eu que le temps de voir les rochers qui allaient m'accueillir. Laurent est arrivé immédiatement et a fait prévenir les secours. Le casque est en miette et ma tête ne doit pas être belle a voir. D'ailleurs je mets un certain temps à la retrouver. Le médecin des secouristes diagnostique un traumatisme avec perte de connaissance et je passe une nuit en observation aux urgences de Nice. Retour à Frescaty en avion grâce à Mondial assistance et arrivée penaude à la maison. Bilan du bivouac : 3 min. de vol et des points de suture au front. Moralité, faites gaffe avant de décoller. Faites vos réparations vous-même ou contrôlez avec précision. je n'étais pas dans une forme olympienne (2 nuits sans trop dormir) et je n'avais pas volé depuis un moment. Mais ma principale erreur a été de ne pas réafficher la voile après le décollage comme je le fais toujours - trop préoccupé par cette clef.. La voile était donc plus vive et avec cette suspente, je garde le souvenir de comportements très "savonnette" sur la demi-aile. Voilà, tout s'est bien terminé et la suite nous a réservé de beaux vols... Christophe Kuhnel - Flying sax - |