|
|
Vivre avec un parapentiste, c’est...
Sur le terrain :
- aimer bronzer sur des sommets pelés et venteux, le plus souvent
constellés de bouses de vache, également connus sous le
nom de «décos»,
- aimer le grand air et la marche à pied, surtout en montée
et en descente,
- ne pas avoir peur des animaux, surtout ceux qui peuplent les «décos»,
les «attéros» et leurs abords (vaches, moutons, chevaux,
chiens et insectes plus ou moins nuisibles),
- savoir contourner les obstacles menant au «déco»
en passant sous les barrières et entre les fils barbelés
avec autant d’aisance que Catherine Zeta-Jones dans «Haute
voltige».
- avoir de bons réflexes en conduite sur piste et de montagne,
y compris sur des véhicules que l’on ne connaît pas
et qui ne sont vraisemblablement pas adaptés à cet usage,
- avoir de bonnes connaissances en cartographie, topographie et lecture
de carte, indispensable pour retrouver «l’attéro»,
officiel ou non,
- se renseigner auprès des parapentistes sur les conditions de
vols et la météo, même si on possède moins
de connaissances en aérologie que la présentatrice météo
de la première chaîne,
- assimiler le vocabulaire technique du parapente, mélange savant
d’abréviations et d’anglicismes, pour savoir décoder
un minimum les conversations des parapentistes (non, les « wings
» n’ont aucun rapport avec le poulet, ni un twist avec le
patinage artistique), sans demander une traduction en français
courant toutes les cinq minutes,
- apprendre avec soulagement qu’il est rare de pouvoir voler de
nuit, par temps de pluie ou dès que le vent dépasse 30 Km/h,
mais bien garder en tête que seul le froid ou l’envie d’uriner
peuvent décider les parapentistes à se poser quand les conditions
sont bonnes,
A la maison :
- dans un petit appartement, considérer le sac contenant le parapente
comme un élément de décoration intérieure,
au même titre qu’une plante verte ou un guéridon,
- comprendre que le pliage et l’entretien de la voile et du matériel
sont autant, voire plus importants que le rangement du garage ou le renouvellement
du papier peint de la salle à manger,
- savoir s’enthousiasmer sur toute acquisition liée au parapente,
- savoir faire une place de choix à «Parapente mag»
dans la bibliothèque,
- apprécier la photographie d’avant-garde (un paysage vu
de haut, avec chaussures au 1er plan),
- aimer recevoir comme cadeau d’anniversaire/de Nöel/de fête
des mères (rayer la mention inutile), une radio,
En vacances ou en weekend :
- savoir voyager léger, le parapente occupant tout ou partie du
coffre de la voiture,
- savoir organiser ses vacances en fonction de la concentration des sites
de vols, sans céder aux argumentaires faciles des catalogues de
vacances («Cet été, j’irai bien tester le soaring
sur terril dans le Nord-Pas-de-Calais»),
- savoir organiser la journée en fonction de la force et de la
direction du vent et non en fonction des heures de repas ou de tout autre
impératif social (invitation à prendre le thé chez
belle-maman, horaires d’ouverture de la piscine, des musées,
de la poste ou du Super U).
- rationaliser les journées « parapente » en privilégiant
les «décos» et les «attéros» situés
à proximité d’un lieu de restauration,
- se persuader qu’une semaine de stage d’initiation au parapente,
c’est les vacances qu’on attend depuis longtemps.
Proposition d’illustration
:

Vu du «déco»,
Fontaine sous Jouy, Eure,
14 juillet 2003
Françoise
Septembre 2003
<<
Retour Récits
|
|