Vol et ski au Chazelet


Chazelet, Les Plagnes, décollage sur la piste rouge,
vent de nord 20 km/h,
on voit le pic de la Meije (3982m) qui dépasse légèrement en arrière plan au sud.

Le jour où je suis monté avec l'aile en haut du téléphérique, le vent a changé et je n'ai pas pu décoller malgré 2 heures d'attente. Pas grave, j'en ai profité pour rider plusieurs fois dans les valons avec un temps magnifique, une neige poudreuse, bien fraîche et abondante jusqu'à 1400m.

Ces photos ont été prises dimanche dernier au Chazelet, avec un bon vent de nord qui permettait de rester en soaring au dessus de la piste. Quand je vole, tous les skieurs s'arrêtent pour me regarder : toute la piste pour moi tout seul !

Ce jour là, j'ai fait 3 vols. Le plus chiant est de replier la voile avant de prendre le tire-fesse (avec prudence car c'etait pas ma voile, grand merci Fred!!!).

En vol de montagne en hiver par -10°C, on rencontre des petits thermiques assez puissants, particulièrement en bordure de gorges. Le soleil tape fort sur les falaises d'ardoises et rechauffe l'air en créant de fortes différences de températures. Il m'est arrivé de rencontrer du +5m/s à moins de 50m/sol. Même la voile de Fred (Edel Quantum), reputée béton, tres amortie, me surprenait par quelques grosses fermetures asymetriques. Heureusement elle se réouvre tres rapidement. Enfin l'atterrissage par vent arrière est trés agréable à ski. Il faut parfois presque une centaine de mètres pour s'arrêter, et on a vraiment l'impression d'être un avion ou un hydravion qui glisse sur la neige après avoir posé les skis.

Le plus délicat en vol à ski est le décollage par vent soutenu et irrégulier: gonflage ski en travers de la pente, voile de côté. Dès que la voile se lève il faut se laisser glisser en travers de la pente en avant ou en arrière pour suivre la voile, puis quand la voile est stabilisée au dessus de la tête, il faut tourner les skis d'un quart de tour dans la pente, se laisser glisser en poussant en pas du patineur, tourner à droite ou à gauche pour suivre la voile, et se laisser glisser jusqu'à atteindre la vitesse de décollage. Pas possible de faire des pas chassés: on se laisse presque tomber sur le côté en ramenant les spatules à 90° pour se relever. Si la pente n'est pas assez forte, une assistance est nécessaire, tirant devant au gonflage puis poussant derrière pour la prise de vitesse. pas facile pour celui qui assiste de courir avec des chaussures de ski !

Attention, danger en vol à ski: les cables des remontées et autres ! Il faut bien les repérer avant chaque vol.

Pour le reste, le nouvel an et ces 5 jours furent mémorables.


Pierre André Guénégo


Petit waga au dessus de la piste,
en arrière plan, le tire-fesse, au fond, le Goléon àl'ouest.

 


3e decollage, par vent quasi-nul (ou touch and go ?).
La prise de vitesse demande une certaine distance et suffisament de pente.
Au fond, au centre, le pic du Mat de La Grave, à gauche, les Grandes Rousses (au nord).