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UN JOUR AU PARADIS……

Etude de l'itineraire au refuge, avec vu sur le
sommet.
Dans le cadre de la préparation Mont-blanc, ça se passe
pas très bien, difficile d’avoir et l’équipe
au complet au même moment et d’avoir les conditions météo
qui vont bien. C’est la déprime, moi ça fait 1 mois
que je cours…….pour rien, vu qu’on vient de laisser
tomber le projet pour cette année, c’est la loose !
Mercredi mon pote Arnaud m’appelle, « qu’est ce que
tu fais ce Week-end ? J’ai envie d’aller en montagne, les
prévisions météos semblent favorables……..
» Chouette j’ai rien de prévu, j’appelle les
parapenteux à tout hasard on sait jamais, on arriverait peut-être
à se faire quelque chose avec les voiles. En deux coups de fil
Aurélie et Youssef sont de la partie, motivés et disponibles,
j’y crois à peine, oublié le coup de blues !!!! On
ira au Grand Paradis 4067m d’altitude, ça décolle
quasiment toutes orientations- parait-il, parce que je trouve pas grand-chose
comme infos sur le net- tant pis la fleur au fusil on se lance !!!!
La préparation est simple, course au matériel, équipement
glacière obligé et les voiles bien sûr! On dormira
chez les grands-parents d’Aurélie aux Contamines la veille,
Nono s’occupe du topo pour l’ascension et du matériel
manquant (broches à glace, corde, des crampons…), Youssef
récupère le biplace, et moi je saute dans tous les sens
!
Samedi location de chaussures et c’est parti, on traverse le tunnel
du Mont-Blanc (qui coûte la peau des fesses, c’est une honte
!) on arrive par une petite vallée encaissée côté
italien au parking, y a de toute évidence du monde, après
tout c’est le 4000 le plus abordable des Alpes paraît-il !
Arnaud décide de nous faire passer par le refuge Emmanuel Chabot,
voie un peu moins fréquentée. Les sacs sont lourds, Aurélie
et moi avons chacune dans les 16-17 kg sur le dos (en même temps
on a pas pesé, vaut mieux) les garçons se partagent le biplace,
Nono fait le mulet, il porte la voile et la corde…….après
tout c’est lui qui a les meilleures jambes !
Les 1000m de dénivelé jusqu’au refuge se font chacun
à son rythme, 1h40 pour le meilleur d’entre nous et 2h10
pour le moins rapide contre les 2h30 annoncés, c’est bien,
même chargés on est en forme !
Petite séquence de révision animée par Arnaud sur
les moufflages simples et doubles, histoire de pas juste promener les
broches à glace sans savoir s'en servir, on a pas trop droit à
l’erreur, on est pas une équipe de pros, Aurélie et
Arnaud ont plusieurs courses de haute montagne à leur actif, Yous
et moi tout juste une…
Soirée au refuge, dans le réfectoire ça parle fort
l’italien, « bonjourno » « salvé »
« prego » on mange bien et contrairement à d’autres
on tourne à l’eau ! Nous ne tardons pas à aller nous
coucher, demain debout à 2h, avant tout le monde. Le refuge est
propre, on dort au rythme des gens qui vont se coucher en hurlant, rotant
et des autres qui ronflent...
Je me réveille et dans la minute d’après Nono me tape
sur l’épaule, « debout c’est l’heure !»
Petit dej rapide, et c’est parti ! La nuit est magnifiquement claire,
une mer de nuages s’étend sous nos pieds, le sommet se dresse
devant nos yeux au milieu de 1000 et une étoiles, on n’allume
même pas les frontales. Dès le début de la moraine
ça se complique, le sac m’emmène dès que je
suis déséquilibrée, les garçons marchent d’un
bon pas et moi je fais mon boulet comme d’habitude…..c’est
pas bien grave je me sens bien !
Nous prenons pied sur le glacier, mettons un peu de temps à nous
équiper, on fera 2 cordées, Aurélie et Youssef et
Nono traîne son boulet, encore! Très vite nous zigzaguons
entre les crevasses, ne trouvant pas notre chemin, les immenses gouffres
paraissent infranchissables, la glace craque sous nos pieds, nous allons
de cul de sac en cul de sac, gros coup de sueur pour tout le monde - je
suis trop petite pour mourir !!!- finalement on décide de ne pas
rester sous l’immense barre de séracs, de redescendre et
d’attendre une autre cordée…..qui fini par passer du
1er coup une crevasse avant l’endroit où on s’était
perdu. Nous traversons des ponts de neiges laissant apparaître des
crevasses qui logeraient aisément une cathédrale….même
pas peur !
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