Moustiers 2003 : Objectif Digne !

 


Lac de Sainte Croix - Panorama réalisé par Etienne Claudon
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          Nous sommes dimanche 27 juillet 2003 au matin. La fatigue des bouchons de la veille a été effacée par une bonne nuit réparatrice. Après 20 minutes de navette et autant de marche, je pose mon sac sur le déco du Montdenier. Le paysage est toujours aussi magnifique : gorges, lac, plateaux, falaises, plaine, montagnes, tout est réuni pour former mon aire de "jeux aériens" pour la semaine à venir. Je me repasse en tête les vols des années passées : le flirt avec les limites du camp de Canjuers, la restit sur les falaises de Moustiers, les allers-retours sur la serre, les mini cross au dessus du lac avec attero "plage et applaudissements"... je connais bien ce site du Montdenier, et pourtant il me manque quelque chose : partir vers le Nord et survoler Digne. Ce sera donc mon objectif pour cette semaine !

Vers 11h30, 12h00 la brise est installée et permet de tenir. Je décolle donc et joue sous mon aile pendant près de 45 minutes, tout en zonant près du décollage. Vient ensuite une bulle plus forte que les autres qui me permet de décaller vers l'arrière et passer au dessus du Pavillon à près de 2000m d'altitude. Très classiquement j'entreprends de longer toute la serre du Montdenier vers le nord. Là c'est la surprise, les 5km de la serre défilent très rapidement sous mes pieds, mais je n'y trouve aucune ascendance. J'arrive donc au bout, encore 100m au dessus du sommet et cherche à faire le retour. Evidemment le vent météo de sud n'arrange pas mes affaires dans ce sens ! Un moment j'envisage de poser au sommet... après tout pourquoi pas : y a que de la forêt sous tout mon trajet retour alors que là se présente une petite chaume sympa avec vue imprenable... et rando de plusieurs heures à la clé ! Eh non, finalement la chance est avec moi : à 20m sol un cycle se déclenche qui me repropulse 400m plus haut entre 2100 et 2200.

Là je commence à réfléchir ;-). Bon, voyons, j'ai un vent météo de sud, je suis au plafond au bout de la serre du Montdenier, pourquoi ne pas tenter mon cross vers Digne ?! J'ai bien le droit de tenter mon objectif de la semaine dès mon premier vol de la semaine, non ? Ni une, ni deux j'annonce à la radio : "ici Julien, je pars vers Digne". La route je la connais, car je l'avais déjà imaginé plusieurs fois au dessus de ma carte IGN au 50000. Au bout de la serre, tu vises la montagnes de Beynes, puis tu vises le Cousson et derrière c'est Digne. Deux transitions façon "saute montagne" de 10km chacune et le tour est joué ! Et bien c'est ce que j'ai fait. Transition vers la montagne de Beynes, j'enroule à mi trajet quelques thermiques issus de ce que l'on surnomme ici la "pompe à planeurs", et j'arrive sur Beynes pile au niveau du sommet (1500m). La j'enroule pour remonter vers 1900m, et retransition vers la montagne de Cousson cette fois. N'ayant pas trouvé de bulles en cours de route, j'arrive plus bas que le sommet, dans des ravines en sud, mais le thermodynamique fait son effet et je finis par redépasser le sommet de quelques centaines de mètres. Je bascule en nord et voilà Digne, préfecture sympatique coincée entre ses montagnes. Objectif atteint.

Tout ce que je vole maintenant c'est du bonus ! Je traverse donc Digne d'en haut. Je ne crois pas avoir déjà survolé une aussi grande zone urbaine, c'est impressionnant. Dans cette transition je m'aperçois que le météo est maintenant plutôt sud-ouest. Pour faire un max de kilomètres il faudrait donc que je me décale vers l'est , c'est à dire vers des montagnes beaucoup plus minérales, hautes, et des vallées plus étroites et désertiques. Ouuuuh, ce paysage ne me tente pas. J'opte donc pour la montagne de Bigue au nord de Digne. Elle est herbeuse, d'altitude moyenne et je perçois même une petite départementale qui la longe un peu à l'ouest (faut penser à la récup quand même). Commence alors un superbe soaring entre 900m et 1400m d'altitude, en face sud puis ouest qui me permet de passer un col et de déboucher au dessus de la vallée de Thoard. Il est alors 14h passé et les conditions forcissent, je ne cherche plus vraiment à monter. Je passe Thoard et continue à longer ma départementale jusqu'à atterrir au dessus d'un petit lac de barrage dans un champ fauché.

Et voilà, objectif atteint et même plus (40km au total). La semaine de vol pouvait s'arrêter là que celà ne m'aurait presque pas embêté ! J'étais comblé. Après celà, même la récup de plus de 5 heures, dont 10km à pied, m'a parut délicieuse (à raison de 2 voitures par heure sur ma départementale d'arrivée, le stop c'est pas ça, et en plus le portable ne passe pas).

Julien Français

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