En Avril je jubile !
(par Julien Français)

 

Salut à tous les Nancéens Volants Libres !

bon, c'est pas tout mais je vois pas beaucoup de récits de vols sur cette mailing liste.... ok, l'hiver était peut-être pourri, mais là avec un printemps comme celui qui s'annonce, personne n'a d'excuse !

Je prends donc la plume.

Je vous passe mes premiers gonflages de la saison à Sion vendredi, mon repérage à la Roche St Martin à St Dié, samedi, (il faut absolument aller voler à St Dié !!) et mon plouf du dimanche matin à Moyenmont (La Bresse).

On est donc lundi 1er avril 2002, 12h. Grand ciel bleu avec quelques cumulus bien gentils. J'arrive à l'Aérotec et là, déception : y a déjà plein d'ailes au dessus de la crête et l'attero est plus encombré en voitures que les champs élysées. Etienne m'annonce par téléphone, que ça vole également au Gusti et qu'il n'y a pas trop de monde : c'est là qu'on volera. Ni une, ni deux, après la petite marche d'approche de service (elle a un effet sélectif !), nous voilà pique-niquant au déco. Conditions correctes : sud, 10-20km/h. Quelques voiles s'élancent, ça n'a pas l'air difficile de rester en l'air. Ca déclenche un peu partout au large du relief, soit à gauche, soit à droite !

Premier gonflage, ma voile est belle stabilisée au-dessus de la tête, je trottine léger comme une plume, contourne les ailes étalées devant moi et hop, miracle sans cesse renouvelé, ça vole !!! En dix minutes, je suis entre 1700m et 1800m. Je joue avec mon aile, et j'admire le paysage. Je ne m'en lasserai jamais. Au sol Etienne, s'affaire toujours avec sa voile. Je sais pas ce qu'il fait mais vu le temps qu'il passe au sol, il a dû faire une révision complète, test de porosité, resuspentage intégral, contrôle des coutures, etc ;-)).

Enfin, je redescends vers le déco et nous voilà tous les deux en l'air. Contact radio, contact visuel, c'est bon la paire est formée, on ne se quitte plus. Direction l'ascenseur de service (jusqu'à +6, +8) qui nous propulse tous les deux à 2400m d'altitude. Là, même plus besoin d'enrouler quoique ce soit, ça tient quasiment n'importe où ! Je jubile. Les autres ailes sont en dessous de nous (ça fait toujours du bien à l'égo), une ou deux partent en cross vers La Bresse sans même prendre le temps de faire le plein, on aperçoit un planeur au loin. L'extase.

Mais soudain mes mains commencent à me faire sortir de cette extase : l'isotherme 0°c est à 1900m aussi à 2400m, avec 35km/h de vent dans le nez, malgré le soleil et le ciel bleu, l'ambiance finit par s'approcher de celle d'un congélo ! Mes gants polaires "windstop" sont largement insuffisants. Je ne sens plus rien, c'est comme si j'avais des moignons au bout des bras. Je lâche donc les commandes et tente de réchauffer mes mains sous mes cuisses. Au bout de trente secondes, bingo, j'encaisse une bonne fermeture asymétrique... ok, j'ai compris, il ne faut surtout pas abandonner le pilotage. J'enchaîne donc avec des manœuvres de descente rapide, grandes oreilles accélérées (il ne reste plus que 2 suspentes en frontal sur les A), etc. Eh bien, même alors il m'arrivait de monter encore à +3. Heureusement, je finis par trouver une bonne dégueulante qui m'amène pile au niveau du déco.

Etrangement plus personne ne cherchait à décoller. Je regarde la biroute : elle est pourtant bien face à la pente. J'amorce donc une trajectoire pour atterrir au sommet. A dix mètres sol, au vent des sapins de la crête, je me prends une nouvelle fermeture. Pas cool du tout, tout celà, mais bon mon aile "standard béton" même fermée à 50% vole quasiment normalement ! Enfin, je décide quand même de quitter cette zone malsaine sans m'acharner. Je joue encore un quart d'heure entre 500 et 900m d'altitude au dessus de la vallée. Mes mains se réchauffent et l'onglet se fait sentir. Je finit par atterrir sur du velours à Urbès dans la même minute qu'Etienne.

On a tous les deux le "sourire banane" jusqu'aux oreilles et des images plein les yeux. Que peut-on vouloir de plus pour débuter la saison ???

Bons vols 2002 à tous !


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Julien FRANCAIS