Un baptême inattendu

C'était fin avril. J'étais venu à coté de la colline de Sion-Vaudémont pour répéter avec un organiste les morceaux de trompette que je devais jouer le lendemain à un mariage. L’orgue ne marche pas bien. En attendant que ça s’arrange, je décide de montrer la colline de Sion à un ami belge venu pour l’occasion. On arrive au monument à Barrès, la vue est splendide. Dans la plaine, les champs de colza sont en fleurs, alternant avec les prés verts et les petits bois.

Il fait un bon petit vent de printemps. 5 parapentes sont là, et j’écoute d’une oreille leur conversation : le vent est un peu trop fort pour décoller, mais il semble faiblir. Quelques minutes plus tard, le premier s’élance. Avec la caméra de mon ami belge, on filme le décollage : c’est toujours gracieux ces grandes ailes gonflées par le vent, et puis dans ce paysage ! Ca vole bien, on voit le parapente monter à vue d’œil. Peu après, les autres décollent.

Un seul reste sur le bord : il a un parapente biplace et se plaint de ne pas pouvoir voler faute de passager. Je réponds pour rire en disant « moi, je veux bien être passager ! ». Il me regarde, regarde mes chaussures de ville – évidemment on est pas équipé pareil pour jouer de la trompette que pour voler en parapente – et me demande si j’ai un pull, car il fait un peu frais en l’air. « oui, j’en ai un dans la voiture ». Il s’arrête une seconde puis dit avec un petit signe de tête : « va le chercher ». Yahou, je vais voler !

Je passe le harnais, mets un casque, on s’accroche. Je prends avec moi la caméra (attachée) pour filmer ça d’en haut. On est face au vent et on avance d’un pas pour gonfler la voile. C’est un peu comme un gros cerf-volant quoi. C’est à ce moment qu’arrive une petite rafale de travers. On perd l’équilibre (c’est pas facile de bouger à deux), et le parapente nous traîne par terre sur quelques mètres. Ca me rappelle quelques gamelles avec mon cerf-volant …

Même pas mal, même pas peur, la caméra marche toujours (on a bien rigolé en revoyant le passage), on se remet face à la pente, et on attend le vent, qui pour le coup est parti. Décidément, il n’est pas très stable cet après-midi. On attend bien 10 minutes, et je commence à craindre pour mon tour en parapente.

Pour finir le vent revient, sans rafale cette fois, on fait 5-6 pas sur la pente, et ça y est, on vole !!! Je peux pas m’empêcher de crier de joie. On monte un peu, poussés par le vent qui remonte la pente, on voit les copains se faire un peu plus petits, et puis le paysage grandiose. Je filme mes pieds avec les vaches en dessous, je filme la voile, c’est génial, on est vraiment en l’air. C’est dur de décrire quelle sensation ça fait de voler ! On vole un petit quart d’heure, je suis un peu crispé parce que je ne me suis pas bien assis sur la sellette, donc je fais mes abdos ;-). Atterrissage en douceur …
J’enlève le harnais, mon portable sonne, avec l’organiste au bout du fil : « qu’est ce que tu fais, je t’attends ! ». « du … parapente ! ».

Un grand merci au club Nancy-Vol-Libre de m’avoir fait voler, et à mon sympathique pilote ! Si je trouves un boulot dans le coin, je viens, c’est sur !

Charles-Marie

PS : la vidéo est toujours sur la caméra numérique de mon ami belge qui a quelques problèmes avec son PC en ce moment. Mais promis je n’oublie pas de vous l’envoyer dès que je la reçois.

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Avril 2003