Risqué le parapente ?


          Le parapente est une activité aérienne récente qui a connu une explosion à la fin des années 80. Depuis quelques années, le nombre de pratiquants en France s'est stabilisé autour de 22.000 personnes. Les accidents sont surtout dus à des erreurs humaines. Le matériel est rarement mis en cause. La seule part d'incertitude qui peut justifier que le parapente est une activité à risque vient de l'impossibilité à maîtriser totalement les phénomènes aérologiques. Reste que la formation et le comportement du pilote sont essentiels.

Tout a véritablement commencé il y a 20 ans lorsque quelques allumés se sont élancés du haut de montagnes avec des parachutes nouvelle génération: ceux qui ont une forme d'aile composée de caissons. Depuis, le parapente a considérablement évolué dans sa conception et le parachute n'est plus qu'un lointain cousin. L'envergure et la surface de la voile sont beaucoup plus grandes, permettant ainsi d'effectuer des vols sur des distances plus longues mais aussi de pouvoir s'élever dans les airs grâce aux ascendances. Les capacités des ailes de parapente sont telles qu'il est possible de décoller en quelques pas d'une petite colline, de voler au-dessus pendant plusieurs heures, et d'être propulsé à des altitudes "stratosphériques" grâce aux thermiques (ces courants d'air chaud montants) et d'atterrir quelques centaines de kilomètres plus loin! Mais avant d'en arriver à ce niveau, il faut quelques années d'expérience. Et surtout, le pilotage d'un parapente ne s'improvise pas, même si celui-ci semble a priori d'une grande facilité. Il y a des règles de base indispensables qui ne doivent échapper à aucun libériste.

Les risques liés à la pratique du pararente ne sont pas légion. Voici les principaux:

> Fermeture de la voile près du sol, à cause d'un cisaillement trop important.
> Parapente qui recule. Le vent étant supérieur à la vitesse propre de l'aéronef.
> Décrochage et vrille à plat dus à une vitesse trop faible (le parapente est trop freiné).
> Collision avec un autre aéronef.
> Vol dans une zone "sous le vent", c'est-à-dire dans les rouleaux (phénomène de cisaillements). Typiquement: sur le versant opposé d'un relief alimenté par le vent.
> Aspiration par un nuage de type cumulo-nimbus.
> Pilote oubliant de s'attacher à la sellette (omission de l'attache ventrale ou des cuissardes).
> Mauvais décollage: la voile est mal gonflée, désaxée ou cravatée (une partie est prise dans les suspentes).
> Surpilotage. C'est le fait d'amplifier un comportement proche ou hors du domaine de vol de l'aile par un pilotage inapproprié.

Conséquences

La Fédération Française de Vol libre a recensé 439 accidents et 9 décès pour l'année 2000 sur 21.809 parapentistes. Ce sont essentiellement des lésions traumatologiques. Entorses, fractures des membres inférieurs et de la colonne vertébrale dominent.

La forme !

C'est une donnée fondamentale. Outre le certificat médical d'aptitude, il faut être au top de sa forme physique et mentale pour voler. Comme en voiture, le pilotage demande une concentration importante et une grande vigilance. Pour cette même raison, l'usage de psychotropes est à éviter (drogues, alcool, médicaments, …).

L'équipement

L'équipement de base tient à une paire de chaussures montantes (maintien des chevilles), des gants, des lunettes de soleil, une combinaison et un casque. A ceci s'ajoute une radio VHF calée sur la fréquence sécurité fédérale (143.9875 MHZ). Elle permet de recevoir des informations météo telles que la vitesse et l'orientation du vent ou de lancer un appel de détresse en cas d'accident. La sellette doit être pourvue d'une épaisse et dense protection en mousse pour protéger les fesses et le dos. Il existe aussi des sellettes équipées d'une protection type air-bag qui se gonflent lors de la phase de décollage. Autre élément indispensable: le parachute de secours. Capable de s'ouvrir à une cinquantaine de mètres du sol, il sauve plusieurs vies chaque année, notamment en cas de collision. Enfin, les parapentes, conçus avec des matériaux très résistants ne sont pas pour autant inusables. Il est plus que conseillé de faire chaque année une révision qui indiquera le niveau de vieillissement du matériel. Aussi, une voile achetée d'occasion doit impérativement être révisée pour avoir une idée précise de son état.

Ne pas griller les étapes

Voler en sécurité, c'est aussi être capable d'estimer ses propres limites et de ne pas se laisser entraîner par les autres. Il y a différents modèles de parapentes conçus en fonction du niveau des personnes. Passer trop rapidement d'une voile standard ou "sortie d'école" à une voile plus performante, c'est s'exposer à de sérieux risques et de belles frayeurs si on manque d'expérience.

L'homologation

Il faut préférer les voiles homologuées. Un parapente certifié a été soumis à un certain nombre de tests: résistance matérielle, capacité à bien se comporter en vol… L'homologation indique aussi le niveau d'expérience requis.

Initiation

Il y a en France de nombreuses écoles qui proposent des stages de formation. En une semaine, les bases sont acquises. Pour la pratique, l'élève apprend à gonfler sa voile sur le plancher des vaches, puis il effectue ses premiers sauts de puce sur une faible pente et viennent enfin les premiers grands vols. L'élève est pris en charge par deux moniteurs (un au décollage, l'autre sur l'aire d'atterrissage) qui le guident avec une radio. Parallèlement, des cours théoriques sont suivis: aérologie, météorologie, réglementation aérienne, principes du vol de l'aéronef, comportement en l'air, matériel, pilotage…

Brevet

Le brevet de parapente n'est pas obligatoire, mais il est fortement recommandé de le passer. L'obtention de ce petit bout de papier est surtout l'occasion de tester toutes les connaissances accumulées au cours du stage de formation.

Perfectionnement

Pour faire face à toutes les situations, comme les turbulences, il faut savoir "tenir" son parapente: conserver ou remettre sa voile dans des conditions normales de vol, c'est-à-dire une voile ouverte et qui reste au-dessus de la tête! Cela passe notamment par la maîtrise des balancements (tangage et roulis) et la gestion des fermetures. Sur ce dernier point, il faut apprendre à s'adapter à la masse d'air. En cas de cisaillement, une partie de la voile peut se fermer, ce qui a pour premier effet de modifier sa trajectoire et sa position dans l'espace. Grâce à un pilotage adéquat, la voile est réouverte. Lors des stages d'initiation, les vols sont effectués dans des conditions calmes. Mais le jeune pilote, devenu autonome, risque d'être surpris le jour où il volera dans une masse d'air remuante. Un stage de perfectionnement complètera ainsi sa formation.

Les clubs

Faire partie d'un club crée une émulation et permet de continuer à apprendre grâce aux précieux conseils donnés par les plus expérimentés.

Assurance

Pour la pratique du parapente, il est obligatoire en France de posséder une RCA (Responsabilité Civile Aérienne).

Pour en savoir plus
> La Fédération Française de Vol Libre (FFVL, site web)
> Para 2000 (Gigantesque base de données d'informations sur le parapente, site web)
> "Vol en parapente" (Découverte et pratique du parapente, livre de Gérald Delorme)


Miltiade Léger